martes, 10 de mayo de 2016

YVON LE MEN [18.670]


Yvon Le Men

Yvon Le Men, nacido en 1953 en Tréguier, es un poeta y escritor francés. Actualmente vive en Lannion. Su poesía abarca más de treinta libros.

Por otra parte, durante muchos años trabajó en escuelas con niños para quienes escribió:  Ouvrez la porte aux loups (Gallimard, 1994), Le loup et la lune (Rougerie, 2001) et Douze mois et toi (Milan, 2005).

Premio de Poesía 2010, de la Academia Literaria de Bretaña y Pays de la Loire por toda su obra.

Ganó en 2012 el Premio Théophile Gautier de la Academia francesa por À louer chambre vide pour personne seule .

Poesía

En Espoir de cause, éd. Pierre Jean Oswald , 1975
Dis, c'est comment la Terre ? , éd. L'Harmattan , 1976
Vie , éd. L'Harmattan , 1977
Le Pays derrière le chagrin , Gallimard , 1979
La Nuit bleu marine , illustrations de Tanguy Dohollau, éd. Chant Manuel, 1984
À l'entrée du jour , Flammarion , 1984
Marna , éd. Artus, 1987
Quand la rivière se souvient de la source , éd. Picollec, 1988
Le Chemin de halage , éd. Ubacs, 1991
L'Échappée blanche , éd. Rougerie , 1991
Un Livre d'heures , photographies de Georges Dussaud, éd. Filigranes, 1992
À l'entrée du jour , éd. Flammarion , 1994
Ouvrez la porte au loup , Gallimard , 1994
La Patience des pierres suivie de L'échappée blanche éd. Rougerie , 1995
Fragments du royaume , conversation avec Michel Le Bris , éd. Paroles d'Aube, 1995
Le Vitrail , photographies de Chantal Connan, éd. Filigranes, 1996
Il fait un temps de poème , anthologies, éd. Filigranes, 1996
Une Rose des vents , entretien avec Christian Bobin , Paroles d'Aube, 1997
L'Écho de la lumière , éd. Rougerie , 1997
L'Étoile polaire , éd. Paroles d'Aube, 1998
Jean Malrieu , la parole donnée , avec Pierre Dhainaut, éd. Paroles d'Aube, 1998
Le Trégor , éd. Apogée, 1999
Nous sommes des enfants de vouloir des enfants , éd. La Part Commune , 1999
Le Loup et la Lune , éd. Rougerie , 2001
Le Jardin des tempêtes , (choix de poèmes), éd. Flammarion , 1971-1996 - 2000
Chiens de vie , photographies de Georges Dussaud, Terre de brume, 2002
Presqu'une île, sentiers douaniers en Bretagne , photographies de Georges Dussaud, éd. Ouest-France, 2004
Un Carré d'Aube , éd. Rougerie , 2004
Douze mois et toi , éd. Milan, 2005
Lannion , éditions Apogée , 2005
Toute vie finit dans la nuit , avec Claude Vigée , Parole et Silence, 2007
Chambres d'écho , Rougerie , 2008
Vingt ans , éd. La Passe du Vent, 2009
Le Tour du monde en 80 poèmes , Flammarion, 2009
Sous le signe d'Hélène Cadou , collectif. éditions du Traict, 2010
Le Point J (illustrations Jeanne Frère), coédition Chant Manuel et Aedam Musicae, 2011
À louer chambre vide pour personne seule , Rougerie , 2011
Il fait un temps de poème, volume 2 , Textes rassemblés et présentés par Yvon Le Men, Photographies de Francis Goeller, éd. Filigranes, 2013
En fin de droits , dessins de Pef , éditions Bruno Doucey, 2014


Presentamos, en versión de Javier Morales y Daniela Nieto, algunos poemas de Yvon Le Men.



Chambres d’écho

A veces el ave
sólo es un ave

a pesar de la transparencia de sus alas

la joven de la perla
sólo es una imagen

a pesar del rostro de la joven

la noche estrellada
está separada de sus estrellas

a pesar del pintor y su genio

A veces el alma
habita en el fondo de los ojos
prisionera en el fondo de su celda.




Parfois l’oiseau
n’est qu’un oiseau

malgré la transparence de ses ailes

la jeune fille à la perle
n’est qu’une image

malgré le visage de la jeune fille

la nuit étoilée
est séparée de ses étoiles

malgré le peintre et son génie.

Parfois l’âme
réside au fond des yeux

prisonnière au fond de son cachot.




ELLAS

Ella está entre la vida
y la muerte

yo estoy entre lo que dice
y lo que veo

en ese instante de mi vida
donde permanezco entre mi noche y tu noche.

La noche nos separó tantas veces
tantas veces juntos
juntos.

Hicimos el amor
y no volvimos a hacer el amor
después de haberlo hecho

después…

no había nada más desde entonces.



ELLES

Elle est entre la vie
et la mort

je suis entre ce qu’il dit
et ce que je vis

en cet instant de ma vie
où je suis entre ma nuit et ta nuit.

La nuit nous a souvent séparés
souvent réunis
réunis.

Nous avons fait l’amour
nous n’avons plus fait l’amour
puis fait l’amour

puis…

il n’y a plus eu depuis.


*


No supe vivir mi vida
algunas veces fui el asesino

pero hubo una vez
nosotros hicimos luz
de nuestros ojos

de tus ojos
que sonreían cuando agonizabas.





Je n’ai pas su vivre dans ma vie
j’en fus parfois l’assassin

mais il était une fois
nous avons fait lumière
de nos yeux

de tes yeux
qui sourient quand tu souffres.


*


Está muerta en mis brazos
dijo mi viejo amigo
pero ante sus ojos
y ante su cuerpo

por donde todo ha pasado
en su cuerpo
por donde todo se ha ido

por sus pulmones
su garganta
su cabeza

por el átomo
más allá del interior del átomo
y por lo que todavía se divide
más allá de lo que resiste a la división
la presencia de lo que ya no es más

y que se llama ausencia
y que se llama Evy





Elle est morte dans mes bras
dit mon vieil ami
mais avant dans ses yeux
et avant dans son corps

par où tout s’est passé
dans son corps
par où tout est parti

par ses poumons
sa gorge
sa tête

par l’atome
puis l’intérieur de l’atome
et par ce qui encore se divise
puis ce qui résiste à la division
la présence de celle qui n’est plus

et qu’on appelle l’absence
et qui s’appelle Evy




MAGDALENA

Es necesario que eso termine
yo lo recordaré
pero es necesario

que eso termine

Hace tiempo
reímos
y sonreímos de haber reído

juntos.

Su casa
era la casa del dios bondadoso
aquel cuya voz

sentí que no ella no creía.


MADELEINE

Il faut bien que cela finisse
je me souviendrai
mais il faut bien

que cela finisse.

Il y a longtemps
nous avons ri
et souri d’avoir ri

ensemble.

Sa maison
était la maison du bon Dieu
auquel dans sa voix

j’ai senti qu’elle ne croyait pas.


*


Era domingo incluso lunes
y todos los días que no son
domingo

era como una madre
y como una hermana
y como
era como un paraíso
en el infierno, a veces
de nuestra vida

era como
eso

como decían antes
los indios en un poema antiquísimo.

A ella le gustaban las historias
que existen en los poemas
cuando se ocultan

como los regalos
bajo el color de las cintas.



C’était dimanche même le lundi
et les jours où ce n’est pas tous les jours
dimanche

c’était comme une mère
et comme une sœur
et comme
c’était comme un paradis
dans l’enfer, parfois
de notre vie

c’était comme
ça

comme disaient autrefois
les indiens dans un poème très ancien.

Elle aimait les histoires
qu’il y a dans les poèmes
quand ils se cachent

comme des cadeaux
sous la couleur des rubans.


LO QUE YO TE DI

el paisaje en la ventana
el ave en el paisaje

que canta el paisaje
que atraviesa la ventana


CE QUE JE T’AI DONNE

le paysage à la fenêtre
l’oiseau dans le paysage

qui chante le paysage
qui passe par la fenêtre.



 *



La ventana
franqueaba los linderos del mundo
a la velocidad de la luz

contaba en sus cristales
–como el invierno, dibujos en la nieve–
los paisajes que habíamos soñado

la blancura de un abedul
cosido con la blancura de un abedul
que ilumina los bosques

allá en el norte
donde viven los poemas
que leíamos

el plateado de los álamos
a la orilla de los ríos de Castilla
donde se deslizan los ojos del pintor

cuyos colores iluminaban la cocina
y hoy tu ausencia.



La fenêtre
franchissait les lisières du monde
à la vitesse de la lumière

rapportait dans ses vitres
comme l’hiver, des dessins sur le givre
les paysages dont nous avions rêvé

la blancheur d’un bouleau
cousue à la blancheur d’un bouleau
qui éclaire les forêts

là-bas dans le nord
où vivent des poèmes
que nous lisions

l’argent des peupliers
au bord des rivières de Castille
où rodent les yeux du peintre

dont les couleurs éclairaient la cuisine
et aujourd’hui ton absence.


*


A veces atravesaba la página
donde tu cuerpo
mi deseo y mi amor se reunían

como en el poema
los muertos y las palabras
se reencuentran



Parfois je passais à travers la feuille
pour que dans ton corps
mon désir et mon amour se rejoignent

comme dans le poème
les morts et les mots
se retrouvent.




HOY

Hoy

cerca de las ocho
de la tarde

veinte horas
como se dice
la hora en el telediario

compré
en una gran tienda
la voz de Albert Camus grabada
leyendo El extranjero

y
pensé en ti.


AUJOURD’HUI

Aujourd’hui
vers huit heures
du soir

vingt heures
comme on dit
à l’heure du journal télévisé

j’ai acheté
dans un grand magasin
la voix d’Albert Camus gravée
et lisant l’Étranger

et
j’ai pensé à toi.



LA VOZ DE TU MADRE

Tu voz
falta hoy
en la cocina, en la habitación
con sábanas
que atraviesan la noche
en blanco

en la melancolía que atraviesa tu voz
ausente


LA VOIX DE TA MÈRE

Ta voix
manque aujourd’hui
à la cuisine, à la chambre
aux draps
qui traversent la nuit
en blanc

à la mélancolie qui traverse ta voix
en creux


EN EL MISMO DÍA

En el mismo día
el deseo
el dolor
la noche

el deseo del mar
de escalar sobre las olas
hasta el cielo

y el de las olas
de envolverse de luz

el deseo de la niña
de tocar el alma del joven
recorriendo sus labios

el deseo del anciano
de volver lento el paso del tiempo
que el joven precipita

el dolor del hombre
de no ser más el joven
de no ser el anciano.


DANS LA MÊME JOURNÉE

Dans la même journée
le désir
le chagrin
la nuit

le désir de la mer
par vagues
de grimper jusqu’au ciel

et des vagues
de s’envelopper de lumière

le désir de la jeune fille
de toucher l’âme du jeune homme
en passant par ses lèvres

le désir du vieil homme
de ralentir la marche du temps
que le jeune homme bouscule

le chagrin de l’homme
de n’être plus le jeune homme
de n’être pas le vieil homme.



*



Él camina en su ausencia
como se camina sobre el agua
pero sin el milagro

él se apoya sobre su nombre
pero sin su eco

contra su sombra
pero sin su luz

que se cubría de noche.



Il marche dans son absence
comme on marche sur l’eau
mais sans le miracle

il bute contre son nom
mais sans son écho

contre son ombre
mais sans sa lumière

qu’elle enveloppait de nuit.




TENÍA UNA VIDA

Tenía la vida
cerca de ti

en mis libros
y los poemas que escribía

a tu lado.


J’AVAIS UNE VIE

J’avais la vie
près de toi

dans mes livres
et les poèmes que j’écrivais

à côté de toi


http://circulodepoesia.com/2016/05/poesia-francesa-yvon-le-men/








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