martes, 19 de marzo de 2013

TOURIA IKBAL [9485] Poeta de Marruecos



Touria IKBAL, poeta marroquí, nacida en Marrakech traductora, docente e investigadora del sufismo.
Ella dice que su escritura no es poesía, que se trata simplemente de palabras, "pequeñas palabras que brotan de su corazón". Que sorprendentemente, esas palabras cobrarán vida y se abrirán camino.

BIBLIOGRAFÍA:

Propos précoces, Éditions Marsam, Rabat, 2004
L'épître du désir, Éditions Awacer, Marrakech, 2005
Fulgurations, Éditions Marsam, Rabat, 20076.
A l’orée du temps, Éditions la Souris, Grenoble 2010
Jusqu’au petit matin, Éditions Marsam, Rabat 2010
Oasis - Poèmes en correspondance , de Touria Ikbal et Chantal Legendre, bilingue, arabe et français, Éditions de la souris, mars 2012,
Poèmes parus dans les anthologies suivantes:
Bacchanales no 38, anthologie de la poésie éditée par la maison de poésie de Rhône Alpes sur le thème de l’ivresse, 2005
Bacchanales no 40, anthologie de la poésie éditée par la maison de poésie de Rhône Alpes sur le thème de l’eau, 2006
L’Anthologie « Maroc à contre jour » édition Marsam 2005
L’anthologie du festival «  les nuits de Curtea de Arges » en Roumanie 2006
L’anthologie du festival Teranova, Metz 2006
Traductions de l'arabe vers le français:
Na'diren° (Rarement) de Muniam Alfaker (éd. Marsam, Rabat, 2002)
Retraite d'un cœur de Muniam Alfaker (éd. l'Harmattan, Paris [1e édition, 1998] & éd. A.C.M [2e édition, 2000])
Rogations diluviennes de Driss Oumali (éd. P.M, Casablanca. Maroc 2001)
Je te regarde de Maram al-Masri (Éditions Marsam, Rabat, 2003)
L'âne et la vache, poèmes pour enfants d'Ahmed Taïeb El Alj, Éditions Marsam, Rabat 2005
Petit soleil poèmes pour enfants d’Ahmed Taïeb El Alj, Éditions Marsam, Rabat 2005
Lalla Chama poèmes pour enfants d’Ahmed Taïeb El Alj, Éditions Marsam, Rabat 2007
Feuillets passionnés recueil de poèmes de Fatiha Morchid, Éditions Marsam, Rabat 2007
Mon ami l’automne recueil de poèmes d'Aicha Bssry, Éditions Marsam, Rabat 2008
Affinités recueil de poèmes d'Ali Abduallah Khalifa, Manama, Bahrein, 2009
Traductions vers l'arabe:
Allah n'est pas obligé d'Ahmadou Kourouma, éd. Conseil suprême de la culture, Le Caire, Égypte, 2005.
Le Zen de Jean Luc Toula-Breysse, fondation Kalima pour la traduction et l’édition, Abu Dhabi, Émirats arabes unis, 2010






Pequeñas cosas

Esos signos
Reflejos divinos
Pivote del mundo

Esta lengua frágil
Mi exilio

Ese brocado bordado de letras
Motivos torrentosos
Ilusiones sonoras

Esas pequeñas cosas
Gigantes a mi entender

Esas palabras que mueren
bajo mis ojos
me izan
a la elegancia del silencio

Poema: "Petites Choses", del poemario: Fulgurations, Ediciones Marsam, Rabat, Marruecos, 2007.
Traducción: Carlos Alvarado-Larroucau, 2012. Salon del libro de Ginebra, 29-04-2012.







l'épître du désir

Aux cimes de la perplexité                         
se situe le dévoilement

Aux confluents des contradictions
apparaît la certitude

Aux foisonnements des couleurs
naît l’immaculé

Aux fonds des germes du désir
naît l’infinité des possibles



Je jure
de te chérir 
jusqu’à ce que s’éteigne
ce qui n’a jamais été
et que reste 
ce qui n’a jamais cessé d’être

Ibn Al Arîf


                                         


Sur le chemin de notre amour
les temps se  croisent
Je viens vers toi accablée par mon passé
tu me transportes vers un avenir 
enfoui dans le désir 
Je t’implore d’un présent qui renvoie à l’éternité
Souffle d’onction et d’humilité 
Nostalgie parmi la nostalgie
Désir dans le désir
Tu es en moi 
Tant que je suis en moi

L’heure est à toi
Je t’appelle  
L’écho d’une musique céleste
me caresse les oreilles

  -c’est toi ?
  -oui, c’est moi
  -quand es-tu revenue ?
  -Je ne suis jamais partie
  -Que deviens-tu ?
-  plus que manque et vide sans toi  
  -Où es-tu ?
  -en toi

Tu es l’équivalent de mon bonheur
le sens de mon émoi
Factice est tout lien avant et après toi
Je me rétrécis
tu t’élargis
Je découvre en toi
jubilation et joie
Tu es une danse faite pour moi
Je tourne de cercle en cercle
embrasée par l’ardeur du désir
Les louanges des chantres exaltent
Les élans des passionnés éclatent  
De ma bouche
ils empruntent chant et soupir
Entre eux, je te vois
Dans chacun, je te vois
Entre toi et moi, je te vois
Entre moi et moi, je te vois
Toute forme est la tienne 
Je danse en toi et pour toi
Je tombe en toi et me lève de toi
Dans le ciel
        tu es ciel
Sur terre
        une distance non ployée par les pas

La nostalgie a soif ma nostalgie
et de moi le monde se ressource de désir


J’enfonce
sans cesse
le couteau dans la plaie
de l’absence
afin que mon désir
pour toi ne guère
s’apaise








Dans la matrice de l’immensité
je te porte une éternité
je te porte un sens
mûrissant dans mes entrailles
jusqu’à la vieillesse
de moi tantôt s’approchant
tantôt se détachant
s’agitant 
aux grés de mes vicissitudes
grandissant
                    grandissant
grandissant

Vertiges et égarements
me taraudent
et les ouragans de la passion
Subitement
un appel à l’existence de toi s’empare
et le désir de paraître afflue en ton être
Mon corps refuse la désunion 
Mes sens crient angoisse et tressaillement
Tu t’obstines à prendre forme
J’acquiesce
Tu éclates des replis de mon être
un sens  qui meut toutes les lettres
Tu jaillis de la glaise de mon indigence
une lueur perçant le voile de l’ignorance
Tu t’extirpes hors de moi
au fin fond de l’univers
emportant le sens de ma quintessence      
me léguant la perpétuelle quête de ton essence
et la nostalgie le secret de mon existence
Corps mutilé
cœur supplicié
je ne suis désormais que le reflet de ton reflet
l’ombre effacée au fond de ton miroir
le désir en moi brûle de désir de te voir    
Mes forces s’ébranlent


Des états d’une effarante complexité  
de moi s’emparent 
                    arrachement
          déchirement
   propos
             recueillement
  enivrement
                  dégrisement 
                       délaissement
  relâchement 
                  nostalgie
          ironie
                       angoisse
               mélancolie
   lassitude
                  folie

A part toi

y a t-il une vérité
Tu es la vérité des vérités
la substance de l’unicité
Au tréfonds de moi
tout est confusion
la force est faiblesse
le doute est certitude
la joie est empreinte de tristesse
je ne sais plus qui je suis
je voudrais hurler ou murmurer
peu importe : 
Que m’importe 
tout ce qui n’est  pas toi 

Ô seigneur
suprême 
de la beauté
Descends les marches de l’éternité
Prends le large des ténèbres
Chevauche les vagues de la passion
Emprunte les voies houleuses du désir 
et
Transperce
de ta lumière
le simulacre 
des temps âcres
des âmes médiocres
des étendues affres
puis
Dépose 
dans la germe de mon essence
la dernière graine de ta connaissance
Plus les flammes
de l’absence
alimentent 
le feu du désir
Plus le rêve s’attise



Aux confins 
du rêve divin 
notre union attend
parmi les entités immuables
l’énergie spirituelle
capable de la conserver  
jusqu’à maturité
pour l’actualiser
dans la nécessité

Tu es la nécessité 
de ma liberté
et la liberté
ma nécessité

En toi
l’unité se réalise
dans la multiplicité

Je voudrais te compénétrer 
corps cœur et esprit
Je voudrais m’infuser  
dans l’éclat de tes sens obscurs
et m’en hisser dans rêve exquis
le rêve me transporte
dans tes sphères nuit et jour
balayant ton absence
et retissant
la trame de mes espérances 
Toi et moi
sommes un délicieux rêve 
cherchant une nuit éternelle 
abritant pléiades et voies lactées
Des fils de lumières enchevêtrés
se faufilent et se tressent
surgissent et se tissent
en voile de désir 
couvrant notre nudité originelle
et nous emportant loin 
dans le monde des subtilités

Je suis par mes rêves et toi 
hantée
Ma révolte contre moi se révolte
Je te vois et te sens
mais 
tu demeures hors de ma portée
Autour de moi 
un énorme tumulte
le temps s’arrête
l’espace se transforme en carrés lépreux
se renfermant sur des corps hideux
La charpente de mon âme
frôle l’effondrement 
Seul
un mince fil de ton firmament
m’empêche de déchoir
Le désir en moi brûle de désir de te voir
Tu es l’espace de ma pureté
exempt d’erreurs
et de péchés

Tu es le coin de ma conscience 
inaccessible aux remords 
et aux regrets

J’erre dans tous tes sens 
Je te vois une île
susceptible d’abriter mes illusions 
Je pérégrine
et chemine vers ton éden
là où les rêves
ne sont pas froissés
où l’amour est panacée
où les êtres oniriques
s’abreuvent de beauté

Tu es l’essence
de mon entité

Tu es mes moitiés
et
mon équité

De ta vue 
   je m’exerce à regarder
De ta voix
   j’apprends à écouter
De ta langue
   je m’entraîne à délecter
De ton absence
   je découvre la distance

Ton éloignement
dénonce la précarité
de mes proximités
Tu n’as point de mots
ni de propos précis
L’expression
quelque soit son ampleur
te rétrécit

Tu es ma fierté
et mon humilité

Je suis un peu de toi
Tu es ma totalité

Tu es la vérité
dont je suis issue

Par ton immensité
je brise l’étroitesse 
du monde
et sa médiocrité

Dès 
que tu apparais
mon secret 
se dévoile

L’immensité
t’enveloppe de silence
et te met dans mon berceau
Le monde
tisse un habit en brouhaha 
de vacarme orné
et t’en couvre d’assaut

Tu es le dernier son 
Blotti 
dans la dissonance 
de l’univers

Sourdes toutes les voix 
qui ne mènent pas
à ta résonance 
Pour toi
je me multiplie 
et me rassemble en un

Pour toi
je sombre dans le pas
insensible
aux péripéties du chemin

Pour toi  
je fuis le confort des palissades 
édifiées à la hâte
vers l’humiliation
du questionnement
et ses  tourments
   A 
ta rencontre
l’ appréhension me précède
L’envoûtement  
me brouille la vision 
Je te vois ombragé 
sous les voiles de la stupeur
Je désire en toi désir 
et consomption
Je m’apprête à te conquérir
et assiéger tes sens de désir
puis
transgresser 
miraculeusement 
ton ambiguïté
tel 
un charme rompu
je voudrais emprunter 
la paume de ta science
et la déposer
sur mon cœur effaré
accueillant
ses battements saccadés 
apaisant son angoisse 
d’avoir si longtemps habité
un corps et une âme 
languissant
de ta proximité
Tu es le sens de l’amour 
et son équivalent
Esseulé
Tu te dresses  dans un univers
sans équivalent 

La beauté
     est ton nom

L’amour 
      ton foyer

La déraison
      ta patrie

Le silence
       ton secret

Tu es le secret
immanent   
de mon existence

Tu es le mystère
présent
par l’absence
Tu es le poème de ma vie
que je voudrais vivre
jusqu’à la douleur
je voudrais m’y fondre 
et m’y confondre
sans le laisser se détacher de moi
des phrases accaparées 
par des feuillets
en proie d’un lecteur
aux aguets   
Nulle
absence
ne
 menace
ta présence



Le voile de l’éloignement
couvre le désir de paraître
le monde
m’emprisonne dans un corps
qui ne peut se hisser vers toi 
et m’assiège dans un espace
où je n’ai point d’attache
Tout en moi 
crie dégoût et désarroi   
le temps me noie
dans des heures
atteintes de phobie de la joie Je rêve
d’être
loin d’ici
près de toi

je voudrais occuper
ton immanence 
inaccessible 
aux dépassements
de l’absence
et à l’étroitesse
des espaces

Oh !
si tu savais
Ô mon bien-aimé
J’aurais aimé
que tout ce qui s’est passé
ne soit qu’une éternité renouée
un souvenir en dette 
dans les replis du passé
Mais 
ce qui s’est oniriquement passé
est un secret 
sacré
Ni futur ne peut le contenir
ni passé
C’est un présent 
sidérant de sa  présence
présent
futur 
et 
passé

La dernière trouvaille de l’amour
sommes nous

Le monde nous a découvert
tapis dans le nid de la tendresse
drapés dans le voile de la finesse
  
Nous sommes l’instant propice
d’un temps en voie de disparition
les acquisitions d’une antiquité
délectable par expérience
La contingence
nuit à notre intimité
dévoile nos profondeurs
jusqu’à la nudité
bafouant notre complicité

Seule 
ta mémoire peut conserver
nos souvenirs
à l’abri des curiosités 
J’ai besoin de ta présence  
pour charrier mon absence  
et de tes attributs
variés par le goût 
diversifiés par la beauté
pour couvrir ma nudité
face à l’horreur
et la cruauté

Tu es 
tous les hommes 
mais
les tous hommes 
ne sont pas toi

Sans toi
je n’ai que la solitude 
qui m’enlace 
m’enveloppe
me contient 
et me porte 
loin de toi 
et
loin de moi

Je rêve d’être  tes côtés
je meurs de t’entendre 
me nommer
les innommés
me dire 
l’indicible
me révéler 
le secret des secrets 
me parler
 ..en silence
jusqu’à ce que les mots 
..s’évanouissent

Tu m’invites à danser
Je cherche dans ton corps 
le sens de mes sens
Je ressens en ta présence
paix et quiétude
Attachée à toi
toujours je suis
comme si tu étais
la terre
que je n’ai jamais
quittée

Ma
 journée
ne compte plus
que
 tes heures



Un vent paisible
nous transporte dans les hauteurs
les fleurs nous escortent
par l’odeur
les oiseaux entonnent un chant
repris par étoiles et lune 
en chœur 
Dans les sphères célestes  
nous devenons table d’hôte
des rêves et espoirs 
des êtres  
et des univers


Ô éternel instant
Prends moi 
ton ultime refuge  
habité par la passion
meublé par le désir






Dès que je tente
de percevoir mes sens
Je me trouve déchirée
entre toi et moi

Tu es le verbe de ma vie

Tu es la lettre
qui transcende l’oubli
Tu es ma moitié 
sans laquelle
je ne suis 
ni 
moitié
ni
totalité

tu es l’instant
qui totalise
l’éternité


Les quatre vents
de la passion 
soufflent fort
Le désir me dévaste 
de tous les côtés
Un élan de tendresse
m’envahit le cœur
et s’infiltre dans mes sens
emportant
les derniers débris
d’une rancœur héritée
des temps ébréchés 
par ton absence

Je conserve ma solitude
jusqu’à nouvel ordre de toi
       
Loin de toi
le temps torturé 
agonise
dans la lenteur
la parole offusquée
se noie 
dans le silence

Que deviendrait mon écoute
sans tes propos

Ta parole
est le couronnement
de mon entendement   
Je t’aime 
d’un amour 
sans définitions ni héritage 
sans métaphores ni semblance 
sans traits ni visage

Je t’aime 
de tout l’amour
contenu dans l’amour
et
de toute la passion
déposée en puissance
dans tes profondeurs

Figée devant ton rivage
Je rêve que mes vagues 
te jettent écumé 
pour t’essuyer 
de mes regards 
  

Je te scrute
et te dévisage
je ne te vois pas 
pour l’instant
car
je suis en toi

La lumière
me 
reproche
ton absence

Altéré est le temps
qui altère notre union

Muets sont les propos
qui ne parlent pas de nous

Intrus est le mot
méconnu du langage de notre amour

Insensée est l’expression
non censée exprimer notre passion

Aveugle est toute vérité
qui ne perçoit notre vérité 

Tu es la source de mon bonheur
J’ai peur qu’elle ne tarisse
par les sévices de l’attente

Le monde tombe dans le factice
et se retire sous mes pas
la joie en supplice
démissionne 
refusant de rester complice 
du délit de ton absence
Mais
par et pour 
ton amour
je défierai affres et souffrances
J’élaguerai les protubérances
de ma douleur
par tes ciseaux lumineux 
de ton bonheur

Autour de moi
tu répands tes attributs
tu en choisis certains
pour faire don  
aux indigents

Dans ta générosité
illimitée
plus tu donnes
plus tu gagnes

le monde a d’autant besoin
de tes qualités
qu’elles se multiplient
à profusion

Seul  
le breuvage de ton savoir
étanche mon tourment
jusqu’à l’enivrement

je rêve de fondre en toi
jusqu’à l’anéantissement 
pour qu’un être 
de nous se lève
et 
des passionnés
de tous les temps
il prenne la relève

Tu t’élargis
pour embrasser
mes climats étendus 
par le désir 

Ô  beau ciel
Féconde
la verdure
de chaque parcelle
de ma terre 
de  l’azur de ta connaissance
et 
de l’immaculé de ta sagesse

Tu es l’éclat de ma vie 
et de mes rêves

J’orne mon visage
de tes traits
Pour paraître plus belle

Ma seule richesse
Mes mots
Ô mes maux
Dans mon cœur 
tourment
Dans ma bouche
rétablissement

Ma seule richesse
Mes mots
Ô mes maux
Pauvres de vous 
vous êtes si impuissants

Mon mot
Ô mon mot
Accours 
à mon secours
Sculpte
le nom 
de mon amant
dans la langue
des passionnés
Plonge
le souvenir évanescent
de notre passion
dans l’éternité

Ni
ta présence
 me réjouirait
ni
ton éloignement
 m’infligerait
Puisque
tu es toujours
 en moi

Je te ramène d’un imaginaire enfoncé dans la distance
Je te plonge dans un temps que je voudrais atteindre 
trop tôt ou trop tard
Je te ressuscite un homme à mon image
et te dote de mes attributs les plus enviables
Je ravive en toi un cœur qui vit de mon amour
et en meurt
J’arrache de l’arbre de ma vie tout instant
qui ne t’est pas d’un souvenir redevable
Je viens vers toi vêtue de mes années les plus heureuses 
à l’âge d’un enfant touché par les doigts de la muse       
jouant au seuil des tes sens cachés et apparents 
un jeu non à l’abri des tourments

Au départ
je n’avais qu’une envie
de te contenir
jusqu’à l’aveuglement
Mais
tes mots haletants 
ta voix qui suggère plus qu’elle ne dit
ton alphabet déconcertant
submerge mon cœur 
dans l’océan de ta connaissance 
je m’y noie 
sans espoir de survie

    .. L’heure est crépusculaire
Je tire les rideaux sur l’autre et l’ailleurs
J’allume une bougie
 Une frayeur intime avance  
         à pas
               certains..

Je me retranche de moi 
et m’enlise en toi 
Souvenir devançant les souvenirs
Je plonge au tréfonds de mes fonds
à la recherche
de l’énergie insoupçonnée
par toi en dépôt laissée
Je ploie la distance qui nous sépare
et te ramène de toi vers moi

Je t’invite à ma retraite
Sitôt
ta présence dissout mon absence  
Tu te mets face à moi
Ta beauté foudroyante  
m’éblouit
au point de glisser dans l’inconscience
Je sollicite le voile de la distance
afin que l’éclat de ta lumière
ne pénètre mes ténèbres
jusqu’à la calcination 
et n’emmure mes sens
jusqu’à l’altération

Je ferme mes portes
romps tous les liens
et m’accroche à toi
Avec toi 
cœur et âme se réconcilient 
et pardonnent mon corps trahi
par la langueur des sens
Dans l’étreinte de la nudité
l’obscurité nous enveloppe
tendrement
jusqu’à la transe
Je te dépose aux confins de mes rêves
et la nuit se fait  plus douce
Délicatement
tu t’infuses dans les régions inexplorées 
de mon sommeil
Onctueusement
 je me réveille 
          ..dans ton rêve

- Que deviens-tu ?
- plus que désir et passion
- où es-tu ?
- toujours en toi.







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