martes, 3 de febrero de 2015

DENISE DESAUTELS [14.680] Poeta de Canadá


Denise Desautels 

(Montreal, Canadá  1945).  Su obra poética abarca más de treinta títulos publicados así como numerosas antologías poéticas. Su colaboración con pares y artistas plásticos está registrada en libros de artista, catálogos de arte y cientos de textos publicados en Quebec y el extranjero. Ha recibido numerosos galardones tales como el Premio del Gobernador General de Canadá, el Premio del FIP de Trois-Rivières, el Premio Europeo Jean Arp para literatura francófona, y el Athanase-David, la más alta distincion literaria que otorga el gobierno de Quebec.



De la escritora canadiense Denise Desautels, de lengua francesa y nacida en Montreal en 1945, publicamos dos composiciones que nos confirman el justo reconocimiento logrado por su poesía en su país, fundamentalmente en la región francófona. Su obra abarca más de treinta libros. Y ha colaborado en numerosos libros de artistas plásticos, catálogos y textos diversos publicados en Québec. Ha recibido importantes distinciones como el Premio del Gobernador General de Canadá, el Premio Europeo Jean Arp y el Athanase-David, el más alto galardón que otorga el gobierno de Québec.



Cuack (Cuac)

en otra parte ya
el pato, el gallo, la cuerda falsa

luego de tantos atentados, luego del hacha y del caos
de tanto aullar enmudeció el día
perdió hasta su nombre

esperabas cualquier otra cosa
menos grave, menos brutal
un milagro constante
en la esquina de tal o cual calle
cualquier otra cosa en la garganta
mas no el desierto
o la grulla
ni el artificio del desierto o de la grulla

la emoción y el aliento sin la devastación
que hace el estruendo y el obús
amapola negra en primera plana
en cada nuevo silencio del día
en cada nuevo día sin nombre

en la esquina de tal o cual calle
ardientemente la esperanza, piel con piel
el infinito murmullo
todavía crees en eso
a manera de un lenguaje ardiente

que el sentido de abrazar vuelva a ti
que el sentido vuelva a ti




Couak (Couac)

ailleurs déjà
le canard, le coq, la corde fausse

après tant d’attentats, après la hache et le chaos
à tant hurler le jour s’est tu
a perdu jusqu’à son nom

tu attendais quelque chose d’autre
de moins mal, de moins abrupt
un constant miracle
au coin de telle ou telle rue
quelque chose d’autre dans la gorge
que le désert
ou le râle
que l’artifice du désert et du râle

l’émoi ct le souffle sans la dévastation
qui fait l’éclat et l’obus
pavot noir à la une
à chaque nouveau silence du jour
à chaque nouveau jour sans nom

au coin de telle ou telle rue
ardemment l’espoir, peau contre peau
l’infini chuchotement
y crois-tu encore
à la maniere d’un chaud langage

que le sens de l’étreinte te revienne
que le sens te revienne




Bla bla bla bla bla bla

no te das cuenta de nada
todo se arremolina
el timbre, la gramática, el sentido

una boca atónita se agita
alinea sus fallas
con voz incierta
mientras que aquello gira
que la frase se entrega al violeta, que
las vocales declinan, salvo la primera
sonido oscuro, ahí, puesto a prueba
repitiéndose

de otro modo en otro tiempo
en la voz de Laurie Anderson
8 minutos 21 segundos
de humanidad danzante
ah

relata que el músculo vano
la lengua sin sed, su jadeo
que del seco y del banal
tam-tam bajo las apariencias
la lengua enjaulada sirve para morderse

porque todo se difumina
pantalla, música, inmensa oreja
hasta el total despoblamiento

nada




Bla bla bla bla bla bla

tu ne t’aperçois de rien
ça tourbillonne
le timbre, la grammaire, le sens

une bouche béante s’agite
aligue ses failles
sur voix vague
pendant que ça roule
que la phrase s’adonne au violet, que
les voyelles déclinent, sauf la première
son noir, là, mis à l’épreuve
à répétition

autrement autrefois
dans la voix de Laurie Anderson
8 minutes 21 secondes
d’humanité elansante
ah

raconte quoi le muscle vain
la langue sans soif, son essoufflement
que du brut et du banal
tam-tam sous les apparences
la langue en cage sert à se mordre

car tout s’estompe
écran, musique, oreille immense
jusqu’à l’entier dépeuplement

nada




Novembre

À quoi peut bien servir
cette forme abondante du silence
À qui ? Quelque chose s’est déchiré
devant la fenêtre, lettre
oiseau, muscle, cœur, nécessité
c’est difficile à dire
Ce soir, on ne s’y retrouve plus
toute vigilance en fuite
le mensonge improvise
Tant de curiosités humaines
déferlent, roulent sous nos yeux
remplissent les rues et les nuits
ici et là les encombrent, les crevassent
D’une ombre à l’autre
novembre se ramifie
De petites nostalgies s’y attardent 
On dirait des os et des ailes
venus d’ailleurs, soudain
pris de paresse ou de vertige
émouvants jusque dans la mobilité
de leur blessure, là où ça cogne, crie
s’étrangle, là où d’habitude
l’espoir se délabre vite
des os et des ailes surpris
en plein vol par un sursaut du désir

malgré cette rouille
chatoyante sur fond de ruines
des os et des ailes qui surplombent 
un ciel clos, un ciel glacial
Nos mains gagnées par l’inquiétude
tâtonnent parmi les ténèbres
en milliers de gestes
les approfondissent. Insoumises
en novembre, nos mains
quand elles progressent ainsi
vers des restes d’enfance
racines et musiques profondes, en alerte
dans un ciel qui claque
Mais torrents, écorchures, arrachements
remords se soulèvent, bientôt
foncent vers les sons, les traversent
au fil d’une pensée. L’énigme
bouge, immense sous nos yeux
et on la suit, l’encercle, l’étreint
l’énigme enfin retrouvée derrière
de rudes mémoires, ses douleurs
allégées par la démesure
de nos bras et cette âpre
intention de bonheur
qui vient on ne sait d’où





Les chuchotements et la caresse


Ni les abîmes de la caresse, ni son abandon, ni ses à-côtés périlleux, ni l'affolement de la main ou de la langue devant l'anonymat de la vague qui emporte loin le corps caressé, ni l'après, ni l'avant de la caresse, ni l'aveu de ses tâtonnements, ni l'aveuglement soudain de l'âme cajolée par ses reflets, ni les battements clignotants du cœur que la caresse aspire, ni le besoin de la caresse, ni sa bêtise, ni son bleu de houille qui se pose, tel une carapace, sur des muscles froissés, ni sa bordure, ni son bout, ni sa chute dans le roux de septembre, ni ce somptueux cimetière des caresses sur lequel les mots parfois s'attendrissent, ni le cinéma bruyant de ses artifices,





ni le comment de la caresse, si ses complots, ni sa cruauté, ni son démantèlement, ni les deuils entassés dans ses replis, ni les démentis de la caresse, ni sa douceur, ni ses effets à long terme, ni l'éloignement de la main ou de la langue, sournoisement attirée ailleurs, ni l'entêtement de la caresse, ni l'étincelle qu'elle aura fait jaillir, ni le brusque étouffement du corps quitté, ni les exigences de la caresse, ni sa faillite, ni sa féminité, ni ses flottements, ni son galop, ni le goût cuivré de son amertume, ni son guet-apens où se prend la chair vulnérable, ni son habileté, ni ses haltes, ni sa hâte, ni son huis clos intime, ni l'inconvenance de sa maîtrise



  


sur la fin d'un rêve, ni l'intention qu'elle camoufle derrière des naufrages stratégiques, ni ses interdits, ni son joug, ni son juste-milieu, ni les justifications trop câlines de sa lenteur, ni son lieu limite, ni la ligne courbe d'un dos et d'une épaule qu'elle remonte avec délicatesse, ni le livre de la caresse, ni sa loi, ni la mécanique astucieuse de son obscénité, ni sa mémoire, ni la menace de son savoir, ni la mollesse occasionnelle de son souffle, ni le mot qui la nomme, ni sa négation un soir de pleine lune, ni ses nœuds, ni sa nonchalance, ni son obstination à se mouvoir dans l'ombre, dans l'or, dans l'os d'une hanche, ni son odeur,



  


ni le pourquoi de la caresse, ni ses projets baroques, ni les quiproquos de ses rages, ni ses refuges, ni son relâchement ironique à la fin de la dernière nuit, ni ses remords, ni sa répétition, ni sa rigueur, ni ses sables mouvants, ni la splendide spirale de ses urgences, ni sa surdité, ni son utopie, ni la vacuité de son territoire un jour de vague à l'âme, ni le vagabondage de ses veloutés et de ses vertiges, ni le vêtement théâtral qu'endosse parfois la main ou la langue au moment de la caresse, ni sa volupté vieillissante, ni même sa dernière voltige. Rien que l'état pur de la sensation. Que le motif caresse au moment où il apparaît sur un corps.






El jardín de las almas de Denise Desautels

Por  Isabel Núñez - 30-06-2011

Escribí este texto sobre Tomba de Lou (Tumba de Lou), de Denise Desautels, a partir de una doble imposibilidad. Cuando Antoni Clapés me propuso que participara en la presentación del libro yo estaba sumergida en lo que Freud llamó trabajo del duelo, por la muerte de mi madre, y el paisaje emocional que me rodeaba era como si anduviera por un páramo helado y fangoso, que recordaba al Londres de 1984 o a Outland (Atmósfera cero). Había descubierto que, cuando se muere una figura materna o paterna con quien la relación no había sido feliz, inesperadamente, ese trabajo del duelo se hace más difícil: quizás porque no es la pérdida real de una buena compañía, sino la doble pérdida de lo que no pudo ser: no fue y ya no será.

Hacía dos años que mi madre había perdido la memoria, el uso racional de las palabras. Pero quizás, en algún rincón del inconsciente, mientras ella vivía, yo esperaba que algo equivocado, triste o injusto pudiera corregirse, aunque fuese simbólica o mágicamente. Si no, ¿cómo explicar la desolación que surgió en el mismo instante en que, con la ayuda de la morfina,  el espíritu que la animaba se desvaneció y ella se convirtió en un cuerpo rígido, como una muñeca que quisiera imitarla?
  
La muerte obliga a recordar y a pensar: dibuja en un instante la trayectoria de alguien con luz fosforescente. Cuando es una historia afectuosa, con momentos felices, por mucho que hiera la pérdida, pinta un paisaje lleno de matices, define el universo compartido. Cuando es una historia de fracaso o de incapacidades, lleva a ese desierto de barro y desolación.
       
Por eso fui al café del Laie a decirle mi imposibilidad a Antoni Clapés, y él, muy comprensivo, la aceptó. Pero cuando volvía en tren, leí unas páginas más de Denise Desautels y de pronto me acordé de Li Qingzhao y su poema de la barca encallada. Li Qingzhao fue una gran poeta china del siglo XII, reconocida por todos, aunque entonces fuese insólito ser mujer y escritora. Li Qingzhao iba por la China con su marido, también poeta, descifrando manuscritos antiguos y escribiéndose poemas uno al otro. Sobrevivían con una gran frugalidad; empeñaban la ropa  para comprar fruta y libros. Su marido también viajaba solo, porque era magistrado y ella escribía su añoranza. Después él enfermó y murió y ella, cuando los conservadores accedieron al poder, tuvo que huir hacia el sur, con quince carros llenos de libros y manuscritos, buscando refugio, mientras que el resto de su biblioteca y la casa fueron incendiadas. Li Qingzhao escribió el duelo con poemas tradicionales shi —hechos para ser cantados—, con gran libertad métrica por la longitud de los versos, pero sujetos a una estructura implacable. En los poemas, la sensualidad triste e irónica celebra la belleza y el amor, y habla de la pérdida con cierta felicidad interior, felicidad de escribir y de percibir el espíritu de las cosas en medio del dolor, y todo eso lo he recordado leyendo Tumba de Lou.
       
Los poemas de Li Qingzhao restituyen sentimientos con trasposiciones: es el paisaje o la naturaleza quien dice la tristeza, el viento detenido, con un polvo lleno de efluvios florales, el crujido de la seda del vestido empapado de lágrimas, la intoxicación agridulce del vino, la aguja en forma de pequeño fénix o la flor del ciruelo marchita en el peinado deshecho, el pebetero con un pato de jade que, indiferente y ocioso, humea incienso perfumado, las ocas salvajes que dejan palabras escritas en el cielo, la niebla, las montañas, el té, el silencio y las cortinas de gasa esmeralda o perlas de cerezo, mientras ella abraza “una inmensa melancolía” contra el pecho. Hay un poema donde recuerda que reman de madrugada, intoxicados por el vino de arroz; han perdido el camino con la niebla, y la barca se encalla entre flores de loto, y mientras forcejean, un golpe de remo hace que las ocas salvajes de la orilla levanten el vuelo. Y otro: “dicen que en Shuangxi/ la primavera aún es bonita/ podría navegar hasta allí/ en una barca ligera/ pero quizás la barca sería demasiado pequeña y frágil/ para soportar el peso/ de tanta tristeza”... O escribe: “quizás valdría más dar este poema /a las ocas salvajes que atraviesan el cielo”, o se pregunta: “qué pueden tres o cuatro copas de vino/ contra una larga noche,/ contra el viento furioso que se acerca? Ahora que pasan los patos / me duele más el corazón/ y es que somos,/ ellos y yo, / viejos conocidos...” y también: “las lágrimas de ayer/ aún impregnan mi vestido de seda / querría salpicar con ellas / a las grullas salvajes que cruzan el cielo.”
       
Las páginas de Denise Desautels también respiran esa felicidad del paraíso perdido, el amor resucita en la escritura, como en los poemas de Ling Qingzhao. Desautels dibuja un mundo, el universo que ambas compartían, esas niñas que se habían conocido de pequeñas...

“Las antiguas niñas crecieron demasiado deprisa y se forjaban aún historias futuras, paseando los domingos por los parques, por los jardines florecidos o los cementerios, lentas caminatas” y “aún se hacían exactamente como antes promesas de eternidad. Antes.”
       
El duelo amoroso también es una celebración de la vida vivida. Se escenifica el amor y toda la atmósfera y los paisajes que atravesaban. La escritura es quien hace el trabajo del duelo. Investigamos: ¿qué queda de los otros, en nosotros?

       Dice Vinyoli, en El silencio de los muertos:

... Pero no hablemos,
de los muertos y abrámonos lentamente
al pensamiento de que algo de ellos
está muy cerca.
Vivamos en su compañía
como si sólo nos separase una pared de humo
que sólo nos priva de vernos. Su silencio
se nos hace sensible, a veces,
intensamente, en un recuerdo.

No dejes de envolverte
en sus imágenes. Cada día
ponles flores al lado, por si pudieran
oler el efluvio de las rosas.
¿Qué sabemos
de su manera de ser? Preservemos las cosas
que tocaron, dejémoslas allí donde estaban,
quietamente. Y tal vez un día
se te manifestarán.
Y si no lo hacen, espera
paciente, contemplativamente,
toda la vida. Vive tu vida
mezclada con ellos.
Usa a los muertos así.


       
Desautels reza en el libro, a la manera laica, o como un mantra budista, pero añade su queja, su incredulidad, su tristeza, al decir:
“Vuelve, mariposa mía, baja las alas, ven más cerca, rózame y auxíliame. Retoma tu cuerpo, tus dudas y tu voz. Dime cómo es ese cielo ocioso que no debería existir. Cómo es ese resto de humanos, visto desde arriba, tan lejos, extraviado en su queja, y yo misma en ese resto errante, cada vez más pequeña, incompetente, junto a mi corazón, yo, la abandonada.”
       
Como decía Derrida en su A-dieu a Lévinas, cuando muere alguien cercano, a partir de ese momento, tenemos que llevarle en nosotros; es un deber feliz porque ellos, nuestros muertos, se vuelven mudos y tenemos que contestar por ellos, somos responsables de ellos. Es una obligación más allá de toda deuda, porque nunca podría pagarse. En aquel escrito, Derrida no deja que la muerte diga la última palabra, ni la primera, y define la muerte como “esta interrupción, esta respuesta sin respuesta”.
       
También, en cierta manera, lo decía un poema de Lou Andreas Salomé, que leí de adolescente:

Cuando yazga en el féretro,
Una chispa que se extingue,
Toca una vez más mi pelo
Con la mano que amo.

Antes de que vuelvan a la tierra
Lo que en tierra ha de convertirse,
En la boca que amaste
Deja una vez más tu beso.

Pero piensa también: en este féretro extraño
¡Sólo estoy de mentira!
Porque en tu vida se albergó la mía!
Y ahora soy eternamente tuya.

       
Hay un poema de Emily Dickinson que siempre me había maravillado, de un encuentro más allá de la muerte (ésta es una traducción improvisada):

Morí por la Belleza, pero era escasa
Allí encajada en la tumba
Cuando alguien que había muerto por la Verdad
Llegó a la habitación contigua...

Él preguntó, bajito: ¿por qué había caído yo?
Por la Belleza, dije...
Y yo por la Verdad. Son la misma cosa,
Somos Hermanos, dijo...

Y así, como parientes reencontrados una noche...
Hablamos entre las habitaciones...
Hasta que el musgo nos alcanzó los labios...
Y cubrió... nuestros nombres.

       
En Tumba de Lou hay algo de todo eso, y un forcejeo entre la aceptación y la rebeldía. También está la incredulidad, la rabia, las batallas perdidas y siempre la esperanza, lo traduciríamos como la obstinación insensata de tu esperanza, l’insensé parti pris de ton espoir. Y “los prodigios que hacían danzar la esperanza al fondo de tus ojos”. Dijo Tarkovski que el optimismo es absurdo, pero la esperanza es inevitable, es inherente a la especie humana.
       
Hay un cuento de Grace Paley que habla de esa rebeldía, de ese conflicto interno entre la parte que quiere vivir y la que ha decidido morir. En el cuento, una amiga llamaba a la protagonista, Faith, que era el álter-ego de Grace Paley —Faith, Grace, la fe, la gracia—, una amiga llamaba a Faith y le decía: “Faith, me muero”. Y Faith, en aquel momento tenía una hemorragia premenopáusica y no paraba de sangrar, sólo podía pensar en la sangre. Dice: “Yo también me sentía morir aquella semana”.
       
Faith le respondió: “La vida no vale tanto, Ellen. Sólo nos ha dado días miserables y hombres miserables y hemos estado siempre sin dinero, siempre arruinadas, siempre con cucarachas en la cocina, sin nada que hacer los domingos salvo llevar a los niños a Central Park y remar en aquel estanque asqueroso. ¿Por qué tenemos que vivir, Ellen? ¿Qué es lo que nos perdemos?”
“Yo quiero verlo todo”, dijo Ellen”.
       
Denise Desautels dibuja a estas antiguas niñas a quienes la melancolía de la muerte había reunido... Dice: “Una y otra tenían tics teatrales que parecían luchar continuamente contra alguna melancolía maternal. Llevaban un trofeo: la infancia en los dedos, como sus anillos. Voluptuosidad o subterfugio contra los efectos a largo plazo de la erosión”.
       
Y también: “Pues envejecerían juntas, era evidente... Cualquier otro futuro parecía inconcebible”.

“Mientras, acumularían costumbres como comentarios a lo real: las orillas del mar y las fotos recubiertas de historia, las prendas de lana en desuso impregnadas de perfumes, que se sacan del baúl de cedro en septiembre, el crujiente de manzanas rojas, el aliento que acaricia la mejilla antes de besarla, los paisajes de Erik Satie, los cielos imperfectos, las dudas, las plantas perezosas en el alféizar, los cuadernos, los escritorios, las plumas caras, los libros... y esta frase “el desespero individual no es nunca tan desesperado”..., una cúpula sobre su sueño...”.
       
Hace siglos que sabemos que el mundo no tiene sentido, pero es inevitable buscarlo. Es cierto que la muerte impone un sentido incontestable, aunque sea por azar. Pero es inevitable preguntarnos si realmente es el azar, si no hay un orden interno, o por lo menos, individual, inconsciente, si el inconsciente no es todopoderoso o encuentra maneras, aunque sean equivocadas, fallidas y paradójicas, como los dioses griegos. Ante la muerte de alguien, nos preguntamos si una parte suya no quería irse, si en parte, nos quería abandonar, si nos traicionó, o si la relación, como decían los astrólogos antiguos, ya se había acabado, y era más fácil morir que separarse. O como los maestros budistas, buscamos la diferencia entre el amor y los vínculos, entre el amor y el attachment, que dicen los anglosajones, ese lazo que significa dependencia mientras que el amor implicaría soltar, también soltar la vida.
       
Dice Denise Desautels: “Unidas desde el origen por sus miradas de niñas perdidas”.
       
Cuando la narradora le habla a Lou y le dice “mariposa mía”, o dice “tu cuerpo de julio”, habla de ese ANTES que lo divide todo, antes de saber la enfermedad, antes de la precipitación en la muerte y de esa voluntad encarnizada de vivir, esa hipotética obstinación de su esperanza, que forcejea con el inconsciente o con la parte del cuerpo que ha decidido morir.
       
Y pronuncia la palabra que Lou evitaba, dice muerta, y repite el eco, muerta. “Para siempre separada de tus huesos, de la traición de tus huesos. Y de mí misma. Para siempre”. Y también hay ambivalencia, que confirmaría la idea de que la muerte del otro significa que una relación ya había terminado. Dice: “Tu muerte me mata, mariposa mía, y tu muerte me libera, y tu muerte me arrebata (ta mort me soulage, me ravit)”. Habla de la muerte presencia-ausencia, y habla del paso del tiempo, no cronológico, sino interno. Así, cuando Lou ha muerto es “Un siglo después”, y en ese siglo más tarde, mediante la escritura, le dice, “yo nos continuo”.
       
También he encontrado aquí el sin embargo, el sarinagara de Kowayashi Issa. Ya sabéis que Isa, ante la muerte de su hija, mientras miraba a su mujer abrazándose al cuerpo muerto de la criatura, escribió un de sus poemas más conocidos

Tsuyo no yo wa – tsuyo no yo nagara
sarinagara...

       La traducción oficial es

Mundo de rocío
—es un mundo de rocío—
Y sin embargo, sin embargo...

       El escritor Philip Forest sugiere una traducción más libre:

Yo sabía que el mundo era efímero como el rocío
Y sin embargo, sin embargo...

       Después de la muerte de su hija, Kowayashi Issa viaja, anda sin parar, duerme al raso, contempla la naturaleza para entender, y escribe sobre la paradoja de la muerte y la vida... Sorprendido por la vida, escribe:

Nubes que pasan —son montañas que pasan—
Todavía, hoy...

       y también

Aquí estoy, vivo —magnífica sorpresa
a la sombra de las flores

       o también

Estamos en el mundo —y caminamos sobre el infierno—
mirando las flores

       
El escritor japonés de la era Meiji Natsume Soseki tiene un libro de memorias, Omoidasu koto nado, Choses dont je me souviens, en la versión francesa de Elisabeth Suetsugu que yo he leído, una especie de diario de la recuperación, y al principio habla de esa ambivalencia y extrañeza que es sobrevivir a la muerte de los otros y que también encontramos en Tumba de Lou. Hay cierta fantasía de intercambio, de salvación a cambio de la muerte del otro.
       
En 1910, Soseki fue hospitalizado por una enfermedad grave del estómago, con peligro de muerte. Cuando empieza a recobrarse, en la fragilidad de la convalecencia, contemplando la naturaleza desde la ventana del hospital, Soseki se entera de que el amable médico que lo ha curado acaba de morir: “Mientras se preocupaba por mis tratamientos, él mismo se dirigía hacia la muerte”, escribe. Y, cuando abre el diario, le asalta la noticia de la muerte de James, el filósofo norteamericano hermano de Henry James, de quien dice “su libro bergsoniano había proyectado durante mi enfermedad un rayo de luz deslumbrante sobre mi espíritu aún difuso”. Entonces, Soseki compone un kanshi (un poema en chino clásico) que dice:

Los hombres mueren,
Los hombres viven,
Pasan las ocas salvajes.

       
Yo tenía otra objeción para hablar de este libro y eran algunas ideas mías, quizás opuestas o incompatibles, sobre esta enfermedad. Y no eran ideas ligeras, sino también surgidas del dolor, cargadas de un momento de vida pesado, como aquellas gotas de ámbar donde cristalizaron las hormigas encontradas en China, fosilizadas...
       
Había visto enfermar a tres personas, mi padre y las dos mujeres con quien vivió después de mi madre, y morir de cáncer en la misma casa, uno tras otro, como si fuera contagioso, a pesar o quizás a causa del encarnizamiento médico, de las sentencias, de los tratamientos inhumanos, del negocio de ese gigante sin escrúpulos que se llama big pharma, del cual médicos y gobiernos son siervos y el resto, víctimas potenciales. Yo me había preguntado entonces si detrás de aquel extraño comportamiento celular no estaría el inconsciente...
       
Después, cuando oí una amenaza más directa, busqué y leí las reflexiones de los que se habían opuesto al pensamiento único y a los protocolos del sistema médico. Como el filósofo André Gorz, en su Carta a D (y lo cito pese a la sombra misógina que es la parte más triste de ese libro y quizás una razón secreta de aquel doble suicidio). André y Dorine Gorz descubrieron la “ignorancia y la mala voluntad del estamento médico”, el negocio involucrado en los tratamientos del cáncer, “la Medicina que nos enferma”, pero llegaron tarde, quizás por no curar precisamente lo que el perseguido doctor Hamer había sugerido: un conflicto emocional que hace que el cerebro dé órdenes que causen los tumores, y algunos tumores no matan, avanzan más lentamente que la vida y nos dejan vivir, y otros se detienen y reabsorben, y otros, no resueltos, desatendidos y olvidados, nos interpelan hasta que, finalmente, nos matan. O por no saber lo que ya muchos saben, aunque pretendan ignorarlo: que se trata solo de reforzar el sistema inmunológico, no de fragilizarlo con tratamientos salvajes.
       
¿Podía mezclar la escritura luminosa de Denise Desautels con mis ideas opuestas? ¿Y cómo decir sin decir? Y sin embargo, sin embargo, nagara sarinagara...
       
También están, en cierto modo, mis preguntas, escondidas en el libro de Denise Desautels: hay una ira, una furia, una mirada a los ojos de científico del médico, en una habitación anónima, unos ojos que evitan los de Lou, del médico que pronuncia la sentencia y en cierto modo, como los chamanes, la mata: “dos meses, tres, quizás, nunca se sabe...”.


Y escribe que las tentativas “chocaban  contra la amenaza del primer cementerio encontrado, alojado en su cabeza asustada, sin saberlo”. El cementerio excavado en el interior de la mente. Vemos cómo esa sentencia lo transforma todo, y la vida, la sensualidad, la alegría y el deseo caen prisioneros de la enfermedad oficial. Y habla de la obscenidad de lo real, de esa condena que hace a Lou “ilegible”. Explica cómo el miedo lo devora todo, y habla de “negar la extranjeridad de los hechos”...
       
Aunque ella acepte la metáfora del cáncer como un roedor, con tentáculos, como un veneno externo... que yo objetaría, porque choca con la idea de un proceso interno, pero Denise la lleva más allá y dice que el “Tiempo roe la vida”. Y habla “del dolor, oh, dolor!”, de esa materia que convertimos en escritura, porque, como decía Oscar Wilde, donde hay dolor, hay un suelo sagrado. El dolor que puede ser brillante como las lágrimas de Li Qingzhao.
       
Tumba de Lou es también esa obligación de dar testimonio, la venganza de los muertos que se han vuelto mudos, la restitución que les debemos, como en la escena penúltima de Hamlet, cuando empieza la agonía y él le dice a Horacio: “Horacio, yo muero, tú vivirás”, y le pide que haga justicia y concluye: “Si alguna vez me tuviste en tu corazón, apártate un tiempo de la felicidad y respira con dolor en este mundo duro, para contar mi historia.”
       
Decía la filósofa Cynthia Fleury que el valor no es lo contrario del miedo, sino la capacidad de superarlo, y para reunir coraje, proponía que, cada día, hiciéramos un gesto, aunque fuese pequeño, para renunciar un poco menos a nuestro deseo. Por eso acepté escribir algo sobre este libro, y quiero agradecer, primero, la traducción delicada e inspirada que ha hecho Antoni Clapés, y su prólogo tan justo. Y también quiero agradecerle la libertad que me ha dado para hacerlo, de apropiarme del encargo y airear mis pensamientos, de investigar en este saber no-sabido que decía María Zambrano, y de ir un poco más allá en el trabajo del duelo.
       
Tumba de Lou es un ofrecimiento, el libro que la dibujará, un registro contra el olvido, una transformación alquímica del dolor en poesía, un documento del archivo de la historia pequeña. Con una hospitalidad generosa, Denise Desautels convierte su escrito en una tumba para Lou, una tumba con flores exóticas, con flores carnívoras, con flores humildes y flores heladas, o flores imposibles de Max Ernst, el jardín de las almas de los cuentos nórdicos, un jardín donde los lectores podemos ir a visitarla.

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Isabel Núñez era escritora. Entre sus libros destacan Si un árbol cae. Conversaciones en torno a la guerra de los Balcanes, Algunos hombres... y otras mujeres y La plaza del azufaifo. Era colaboradora del suplemento ‘Cultura/s’ de La Vanguardia. En FronteraD publicó también Kosovo y España




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