miércoles, 18 de febrero de 2015

BAREK ABAS [14.934] Poeta de Argelia


Barek Abas 

Su verdadero nombre es Abbaci Mubarak, nació el 14 de marzo de 1957 en Amizour en Argelia. Formación de ingeniero informático, se encuentra actualmente cumpliendo Sonatrach como senior (la petrolera argelina). Columnista de Argelia para varios periódicos en los medios impresos y electrónicos, la poesía sigue siendo su pasión.


Márchate

Llévate el perro que no tenemos
Y déjame mi sombra
Márchate
Llévate los buenos instantes no vividos
Y déjame los malos
Márchate
Llévate los niños que querías tener
Y déjame huérfano-nacido
Márchate
Llévate mis versos que me has inspirado
Y déjame mis sueños
Me marcho
Devuélveme mi corazón
Te dejo remendar el tuyo.

Traduit par Rénia Aouadène




Prière

Pars
Prends le chien qu’on n’a pas
Et laisse-moi son ombre
Pars
Prends les beaux instants non vécus
Et laisse-moi les mauvais
Pars
Prends les enfants que tu voulais avoir
Et laisse-moi orphelin né
Pars
Prends mes vers que tu ne m’as inspirés
Et laisse-moi mes rêves
Je pars
Rends-moi mon cœur écorché
Je te laisse raccommoder le tien

Béjaia, le 08 Mars 2013



La Ronda Africana 

Incansablemente
Un bebé se muere de hambre
Unas hienas bailan la alegría de la muerte

Un…dos
Un niño se gangrena de sida
Los gusanos caníbales se frotan los labios

Tres...Cuatro
Una chica aterrorizada se esconde en la tierra
Los bárbaros se masturban violando

Cinco...seis
Un anciano se aferra al cielo
Algunos proyectiles caen en su oración

Siete...ocho
Un ave se suicida en vuelo
Los árboles recogen su alma en el infierno

Nueve…Incansablemente
Una mujer reseca planta su esperanza
Que se seca en su corazón resquebrado.

Barek Abas - Bejaia, 10 de agosto de 2012.
Traducido del francés al español por Rénia Aouadène.





SER

Soy judío
Hasta quemar un candelero vivo

Soy Jesús
Hasta violar a una monja desnuda

Soy Mahoma
Hasta destruir un alminar

Soy Judas
Hasta crucificar a un apostata

Soy un impío
Hasta lapidar a un creyente

Soy negro
Hasta echar a un negro por la hampa

Soy homo
Hasta castrar a un hermafro

Soy sudor
Hasta explotar a un basurero

Soy apóstol
Cuando apuntas con el dedo al otro

Y tú eres NADA
Sin mi corazón humano.

Bejaia, Argelia, el 19 de marzo de 2012 - Poema de Barek Abas traducido por Rénia Aouadène





Les Yeux du Sud

Sharbat Gula est la Jeune fille afghane captée par la lentille de Steve McCurry en 1984, dans un camp de réfugiés du Pakistan. 17 ans plus tard, le photoreporter a retrouvé « l’enfant » au regard si perçant. Photo Steve McCurry




Ils maigrissent en jaunissant
Dans les rôts de ta suralimentation
Les yeux de la faim

Ils flétrissent en s’évaporant
Dans les clapotis de tes piscines
Les yeux de la soif

Ils rougissent ensanglantés
Dans la chaleur de ton nucléaire
Les yeux du froid

Ils meurent sans molécules
Dans ta pharmacologie cupide
Les yeux du sida

Ils gouttent de la sueur
Dans tes firmes délocalisées
Les yeux de l’esclavage

Ils se figent terrorisés
Dans les bruits de tes super-armes
Les yeux de la guerre

Ils hoquettent en silence
Dans tes nuits de souillure de chair
Les yeux du viol

Ils miroitent d’illusion
Dans les mirages de ton Amérique
Les yeux des « harragas »*

Ils ne pleurent plus
Ni de rêves d’enfant ni de rien
Les yeux des déshérités

Mais t’accusent de ce regard
Qui pourrait être le tien demain
Les yeux de ta bonne conscience

*harragas : Emigrés clandestins qui souvent périssent en mer.






La mort du poète

A Tahar Djaout,
A tous les artistes et intellectuels assassinés dans le monde


Ils débarquèrent tout noir
Dans le silence de la nuit noire

Ils fracassèrent la porte
Les tiroirs le lit et les cendriers

Ils prirent ses crayons noirs
Ses feuilles noircies et blanches

Ils enchainèrent ses bras frêles
Et baillonèrent sa grande gueule

Ils repartirent tout noir
Dans le fracas de la nuit noire

Et s'arrëtèrent dans une forêt noire
Un corbeau rodait déjà dans le noir

Ils coupèrent d'abord ses doigts
En premier les index qui accusent

Ils crevèrent le vert de ses yeux
Quand le désespoir est leur vision

Ils coupèrent sa langue NON
Quand la meute ne hurle que oui

Ils percèrent ses tympans sourds
A leur musique de bruits de botte

Ils arrachèrent son coeur palpitant
Violet d'amour qu'ils ne connaaissent

Puis dans la terreur de la nuit noire
Ils fracassèrent son cerveau lumière...

Des milliards d'étoiles jaillirent
Tourbillon spiral dans le ciel noir

Et depuis ce jour scintillent les étoiles
Dans la beauté des nuits noires





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