viernes, 5 de septiembre de 2014

TAHAR DJAOUT [13.194]


Tahar Djaout 

(1954-1993) fue un periodista, poeta y escritor de ficción argelino. 

Fue asesinado por el Grupo Islámico Armado debido a su apoyo de la laicidad y la oposición a lo que él consideraba el fanatismo. 

Fue atacado el 26 de mayo de 1993, cuando salía de su casa en Bainem, Algeria. Murió el 2 de junio, después de permanecer en coma durante una semana. 

Uno de sus atacantes declaró que fue asesinado porque "manejaba una pluma temible que podrían tener influencias sobre los sectores islámicos." 

Nació en Oulkhou, en la región relativamente secular Kabylie. Después de su muerte, la BBC realizó un documental sobre él titulado 'Shooting the Escritor', introducido por Salman Rushdie. 


"Si hablas mueres
Si no hablas también 
Entonces habla y muere"

Tahar Djaout 



OBRA:

The Last Summer of Reason Novel, Ruminator Books, 2001] (French edn: Le dernier été de la raison, Paris, Seuil, 1999]
The Watchers [Novel, Ruminator Books] (French edn: Les Vigiles, Editions du Seuil, 1991)
L'invention du Desert, [Novel, Editions du Seuil, 1987]
Les Chercheurs d'Os [Novel, Editions du Seuil, 1984]
Les Rets de l'oiseleur (short stories) [SNED, Algiers, 1983]
L'oiseau minéral, poems, [Sigean, L'Orycte, 1982]
L'exproprié, [Novel, SNED, Algiers, 1981]
Insulaire et Cie, poems [Sigean, L'Orycte, 1980]
L'Arche à vau-l'eau, poems [Editions Saint-Germain-des-Prés, Paris, 197





15 DE MARZO 1962

Cómo atenuar la ira de ellos para disolver las estrellas
y dar a luz la noche eterna,
Yo desafío su hierro
y la ira furiosa con que multiplican
las cadenas

en la sonrisa azul
del Almirantazgo abierto sobre las promesas
hoy, a largos tragos engullo
-sol tronando sobre Argel-
las alegrías de una fiesta
donde resucitados amaneceres retozan
y no obstante pienso en los holocaustos
desatados para hacer que amaneciera
Pienso en Feraoun
-sonrisa congelada en la circuncisión del sol

tienen miedo de la verdad
tienen miedo de la pluma directa
tienen miedo de los humanos verdaderamente humanos
y tú, Mouloud, insistías y hablabas
sobre los campos de trigo para los hijos de los pobres
y hablaste de pulverizar todos los alambres de púas
que laceraron nuestros horizontes

hablan de ti y dicen que fuiste demasiado bueno
que te sentías vergüenza
escuchando las cartuchos que saludaban cada amanecer

que creías que los seres humanos nacen con el fin de
ser hermanos
y pensabas que aunque desafiabas las orgías de horror
eras incapaz de odio

un día, Moulou, la bondad finalmente triunfó
y pudimos lucir el tridente del sol
y pudimos honrar la memoria de los muertos
porque
con
tus manos, recolectoras de la aurora de
los misterios,
y tu cara soñadora de poeta empedernido,
has sabido cumplir con nuestras verdades
escritas en fragmentos del sol
en el pecho de todos los que se rebelan

Traducción de León Blanco





RAISON DU CRI

s'il n'y avait ce cri,
en forme de pierre aiguë
et son entêtement à bourgeonner

s'il n'y avait cette colère,
ses élancements génésiques
et son soc constellant,

s'il n'y avait l'outrage,
ses limaces perforantes
et ses insondables dépotoirs,

l'évocation ne serait plus
qu'une canonnade de nostalgies,
qu'une bouffonnerie gluante,

le pays ne serait plus
qu'un souvenir-compost,
qu'un guet-apens
pour le larmier.

Tahar DJAOUT - Extrait de "Perennes" - 1983




Soleil Bafoué 

(...) 

Faut-il avec nos dernières larmes bues 
oublier les rêves échafaudés un à un 
sur les relais de nos errances 
oublier toutes les terres du soleil 
où personne n'aurait honte de nommer sa mère 
et de chanter sa foi profonde 
oublier oh oublier 
oublier jusqu'au sourire abyssal de Sénac 
Ici où gît le corpoème 
foudroyé dans sa marche 
vers la vague purificatrice 
fermente l'invincible semence 
Des appels à l'aurore 
grandit dans sa démesure 
Sénac tonsure anachronique de prêtre solaire 
Le temple 
édifié dans la commune passion 
du poète 
du paria 
et de l'homme anuité 
réclamant un soleil

Tahar DJAOUT - Extrait de "Bouches d'incendies", édition collective, ENAP, 1983.Retour



(...) 

je pense à Feraoun 
sourire figé dans la circoncision du soleil 
ils ont peur de la vérité 
ils ont peur des plumes intègres 
ils ont peur des hommes humains 
et toi Mouloud tu persistais à parler 
de champ de blé pour les fils du pauvre 
à parler de pulvériser tous les barbelés 
qui lacéraient nos horizons 

(...) 

un jour enfin Mouloud la bonté triompha 
et nous sûmes arborer le trident du soleil 
et nous sûmes honorer la mémoire des morts 
car 
avec 
tes mains glaneuses des mystères de l'Aube 
et ton visage rêveur de barde invétéré 
tu as su exhausser nos vérités 
écrites en pans de soleil 
sur toutes les poitrines qui s'insurgent

Tahar DJAOUT - Extrait de "L'Arche à vau-l'eau", Ed. Saint-Germain-des-Prés, 1978.Retour





COMME AVANT

Elle ne viendra pas.
Le sourire, le soleil
Disparaîtront aussi.
Il faudra plier
Mes attentes, mes moignons
Et mon coeur habité
D'un battement sans pareil.
Le soir m'attend
Et le cafard ;
Puis la Route  
Toujours très longue.

  Tahar DJAOUT - Extrait de "Perennes" - 1983Retour





L'ARBRE BLANC

ma richesse,
c'est la neige,
et sa lumière aurorale.

j'accumule les fruits
d'arbres scellés de blanc
et j'envoie mes oiseaux
ausculter les cimaises.

oiseau,
mon messager
au creux secret des arbres.
oiseau
étoile mobile
qui incendie les neiges.

j'attends
- le ciel descend
sur les dents de la ville

j'attends -
et l'ombre emballe
les maisons engourdies.

quand saignera sur nous
le feu coulant
du jour ?
je tisonne,
dans l'attente,
les cendres
d'un été mort.

   Tahar DJAOUT - Extrait de "Perennes" - 1983Retour





POÈME POUR NABIHA

Je rentrerai de voyages
Et te trouverai endormie.
Le raffût des meubles se sera tu,
Les bêtes en douceur se seront éclipsées
Et tous les tambours de la maison
Seront devenus peaux vivantes mais discrètes.
J'arrive toujours dans la suspension juste des pulsations,
Quand la chaux, l'argile et leur blancheur ont tout réoccupé.
J'arrive
Et je vois peu à peu l'émersion :
Toi d'abord qui orchestres couleurs et mouvements,
Redonnes leur tapage aux bestioles,
Diriges des vols périlleux.
Puis les objets,
Fiers de leur prouesses,
Déclenchent l'élan des manèges.
Tu chercheras les chiens acrobates du rêve
Entre les draps étonnés,
Tu secoueras un à un les poudroiements de la lumière
Et la vie se réinstallera.
Tu te réveilles
Et la maison devient un carnaval

   Tahar DJAOUT - Extrait de "Perennes" - 1983Retour





TERRE FERME

Tes odeurs aquatiques
Et la noria me prend.
Il me revient des images de noyade comme lorsque la mer
Libère sa tendresse vorace de mère anthropophage.
Il me revient
Des insistances de sèves ruant dans les barreaux des peaux contraignantes.
J'aimais l'aventure sans issue,
Alors que j'étais déjà riche de tant de cargaisons
Arrimées à la proue de tes seins.
Mes mains arraisonnaient ton corps,
Nouant leur égnimes dévoreuses,
Débusquant l'or des florules.
Je savais, par exemple, que l'aréole sentait l'orange amère.
Je connaissais presque tout : tes marées tenues en laisse,
Ta cadence respiratoire, la résine de tes aisselles, ton odeur de mer lactée, tes ombres qui m'abritent le soir, tes gestes qui adoucissent mes angles.
Ton sexe, je l'appelais paradisier.
Tes odeurs submarines.
Et la noria m'entraîne.
Quand j'émerge tu es là
Pour amarrer le vertige.
Ton corps, c'est la terre ferme.

    Tahar DJAOUT - Extrait de "Perennes" - 1983




SAISON TARDIVE

Le ciel hale son oeil de sang,
Soleil pris à tes genoux.
Te revoilà champs dénoué
Dans la suspension zénithale :
Midi fourbit ses cuirasses,
Le sang palpe l'épiderme.
Je veux retrouver sous la peau
Ces nerfs qui disent une jument folle.
Mais mes doigts n'ont plus ce flair
Qui lève des oiseaux affolés.
Je ne peux que contempler
L'envol des saisons migratrices.
Le temps entasse les amours mortes
Sur les falaises de l'oubli.
Voici que l'été abandonne
Ses errements de bête pleine.
L'appel du soir, irresistible.
De quel sommeil dormir :
Celui de la graine assoupie ?
Celui de la pierre sourde ?
Je regagne ma nudité :
Une pierre lavée par les crues ;
Je réintègre mon mutisme :
Un silence d'enfant apeuré.
Habiterai-je un jour
Cette demeure rêvée :
Ta blessure - ô délices ! -
Où le soleil s'assombrit ?

   Tahar DJAOUT - Extrait de "Perennes" - 1983





Tahar Djaout, en la memoria



Por LEONOR MERINO 

TAHAR DJAOUT había nacido en 1954 en Azeffoun en la Kabilia marítima. Pasa su infancia y adolescencia en la Casba de Argel. 

Realiza estudios de Matemáticas en la Universidad de Argel (1977) y de Ciencias de la Información y de la Comunicación en la Universidad de París II (1985). Primero, como periodista profesional, cronista y editorialista de la revista Algérie-Actualité, toma parte de una manera continuada en los debates políticos, lingüísticos y culturales de Argelia. 

Y más tarde, con la energía tranquila que le caracterizaba, no cejó de denunciar las taras de una sociedad y sus males destructores en la revista Ruptures que dirigía. Su poesía (Solstice barbelé, 1973-1974, L'Arche à veau-l'eau, Insulaire et Cie, L'Oiseau minéral, L'Étreinte du sablier y Pérennes. Poésies: póstuma) destaca por su vigor y retorno a la grandeza de una antigua memoria que manifiesta, al mismo tiempo, la nostalgia de la infancia, el resurgimiento del sur, el viaje, la nominación de los seres y las cosas. Sus novelas (L'Exproprié, Les Chercheurs d'os, Les Rets d'oiseleur, L'Invention du désert, Les vigiles y Le Dernier été de la raison: póstuma) se caracterizan por su originalidad, por la búsqueda de un espacio de pureza, a veces teñida de causticidad y de sana ironía. 

Obras que dan muestra del ritmo poético de su escritura y en las que el héroe se encuentra doblemente expropiado del espacio natal y de sus palabras, pero siempre lúcido en una ciudad adormecida, anquilosada, que no sabe responder a los interrogantes de una juventud que ya no puede vivir en la hipocresía. El poeta nos da cuenta, en su obra, no del vértigo sufrido sino de su vasta ciudadanía. 

Este escritor hablaba siempre de su piel provisional, como si se sintiera en mutación, para recubrir su piel original, esas raíces cabilias remotas, ese paganismo ancestral y esa comunicación carnal con la tierra, ese amor por Argelia: «Creo que un escritor argelino es un escritor de nacionalidad argelina y la mirada que pueda dirigir a su alrededor y al mundo no puede ser más que una mirada argelina, mirada que enriquecerá a Argelia más aún cuando la inscriba en un contexto de valores universales». 

No sólo el rigor atraviesa su escritura, y su sueño era la paz de los suyos, sino que participaba en las preocupaciones de la literatura contemporánea entre la que contaba con numerosos amigos. Su defensa brava de los derechos del hombre, dondequiera que se hallara, se debía a su pluma humedecida en poesía y coraje. 

Su mediana y elegante figura despedía fraternidad. Su decimonónico bigote enmarcaba una amplia y sincera sonrisa, tras la que se agazapaba la timidez y la humildad. Su tono de voz caluroso, afable, resuena aún por aquellas recién regadas aceras de la Carrera de San Jerónimo y de la Plaza de Santa Ana, cuando vino al Coloquio Maghreb-Europa el 2 de junio de l992, celebrado en el Círculo de Bellas Artes, justo un año antes de caer abatido en Argel -3 de junio 1993- tras varios en días en coma, por atentado terrorista. 

Este joven poeta argelino habló del amor con naturalidad y violencia, y supo también con sus manos separar «la violencia donde la mariposa del alma se gira, con ese semblante de luz, para ir en búsqueda de la fuente». Pero existen ciudades -se lamenta el poeta- donde es horrible tener veinte años; veinte años que uno querría tirar por la ventana, sobre todo cuando vuelve a ver a su prima reducida a la virtud de procrear. 

Poeta intuitivo que cantó al mar al identificarse con su resaca y habló también del bosque, de la agonía de la higuera, de su país, de los astros que han sido enlatados para enamorar al turista, de la errancia, del exilio, del rechazo y la soledad de los hombres. Pero en Djaout existe también una profunda y pagana alegría de vivir, comprendida en la dificultad cotidiana y la insulsez de ciertos ambientes, que en alguna medida se aproximaría a su compatriota Nabile Farès.Su obra entera representa constantemente una subversión de lo ya confirmado, un estallido de todas las fórmulas convenidas y de todos los conformismos. 

Si los primeros textos en ocasiones son agresivos en ese sentido, luego será cada vez más el humor el que se revelará como arma más eficaz que el anatema, pero siempre la poesía dará un cálido aliento a toda su obra. Hace algún tiempo que reposa en su querida tierra cabilia, pues nadie, como él, sabía que la naturaleza es infatigable asesina, infatigable paridora, nadie como él sentía el humus de esa tierra, y que la henna es planta de Arabia, y que el benjuí es perfume de Arabia. 

Todo lo que viene de allí colorea, perfuma y sana. Por eso de niño soñaba con ir allí en la migración de las golondrinas, en el instante en el que sus volutas siderales se pierden en el fluido del cielo. 

Y el poeta decía: 

«El silencio es la muerte 
Y tú, si hablas, mueres 
Si te callas, mueres
Entonces, habla y muere». 

¿Qué es lo que nos queda, entonces? Sólo nos queda ser capaces de actos de vida, y que la travesía del desierto no ofrece temor y que el honor de ser escritor, de ser intelectual, es un gran honor que Tahar Djaout mereció. No se verá ya más la sonrisa tímida del hombre, pero su voz poética se oirá por siempre en su escritura. 


«Amigo,
cuando llueve,
la tierra huele
a humus, a hierba.
Eres tú, que bajo el suelo
tu esencia expandes
sobre Kabilia, los mares.
Eres tú, Amigo, acunado por el viento» 

(versos inéditos de la autora).









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